Le transport aérien sur le continent le plus grand au monde connait un boom sans précédent depuis environ un dizaine d’années. Tous les jours, de nouvelles compagnies privées ou publiques naissent, après l’hécatombe des années 1990 qui a vu la plupart des compagnies nationale ou régionales africaines mourir. Depuis le regain d’intérêt du business du transport aérien africain, les compagnies africaines rivalisent d’ingéniosité aux niveaux de leur services et leurs offres commerciales pour gagner des part de marché au point où certaines d’entre elles (Ethiopian Airlines par exemple)  rivalisent sans complexe avec les grosses écuries internationales. Mais s’il y a un constat qui est flagrant aujourd’hui, c’est la quasi inexistence de compagnie africaine desservant le marché intérieur africain et qui soit branché sur le segment du low cost. Pourtant le marché semble vierge et énorme sur ce segment. Qu’est ce qui cloche alors pour que les transporteur aérien soit frileux à l’investir véritablement ? Le manque de rentabilité ? Le manque de maturité du marché africain par rapport à ce modèle économique? Nous ne saurons le dire. Mais il y a une chose qui nous parait bancal et qui pourrait être un premier pas pour une transition vers un marché low cost s’il est corrigé. Il s’agit de la politique commercial non fair-play aujourd’hui en vigueur dans quasiment toutes les compagnies aériennes en Afrique.  Si vous avez déjà prêté attention aux détails du montant de votre billet d’avion, vous remarquerez que le montant des taxes et impôts est très souvent largement au dessus du montant de base du billet. Par exemple en date d’Août 2018, chez la compagnie nationale aérienne camerounaise Camer-Co, pour un trajet aller-retour entre Libreville et Yaoundé, le montant toutes taxes comprises du billet est de 215 855 fcfa environ. Dans ce montant, le montant de base du billet est de 88 600 fcfa et le montant des taxes est de 127 255 fcfa (soit près de 140% supérieur au montant de base). De notre point de vue, taxer une activité à 150 % est une incongruité qui plombent les performances de nos entreprises. Malheureusement, nos entreprises ne pourront que subir tant  que nos politiques publiques ne vont pas corriger ces aberrations aux travers des lois de finances de nos pays. Mais au delà de ces mauvaises politiques publiques en matière de taxation du secteur du transport aérien, les transporteurs eux même doivent revoir leur politique commerciale. En effet, lorsque vous acheter un billet d’avion Yaoundé-Libreville chez Camer-Co par exemple, quelque soit votre profil vous payez tous le même montant de billet d’avion sous réserve de la période à laquelle votre billet d’avion a été reservé. Concrètement cela signifie pour la même période de réservation du billet d’avion, si je voyage juste avec un bagage à main et que je ne désire pas  consommer les repas et autres friandises couramment servi pendant les vols, je paierai quand même le montant de billet que celui là qui possède des bagages de 40 kg et veut bien consommer un repas pendant le vol. Ce qui est pour le moins peu fair-play. La solution que nous proposons aux compagnies aériennes c’est de fixer un tarif d’appel de base pour le service de transport de l’individu (plus un bagage à main de pas plus 10 ou 15 kg). Par la suite ajouter des services supplémentaires qui sont payables en fonction du passager. Ainsi s’il veut transporter des bagages supplémentaire il devra mettre la main à la poche pour acheter ces kilos supplémentaire; s’il veut avoir de quoi manger durant le voyage, il devra mettre la main à la poche pour avoir accès à ce service supplémentaire; etc. Ceci s’intègre très bien avec la politique traditionnelle consistant à faire monter la valeur d’un billet au fur à mesure qu’il est réservé au plus prêt de la date du départ du vol. Avec cette nouvelle politique commerciale, nous avons la conviction que les compagnies aériennes qui l’adopteront, fidéliseront davantage leur client grâce à des couts de billet qui s’adaptent à chaque profil d’utilisateur. En sommes du ‘Pay as you go’.