Comment résoudre le problème d’insalubrité qui gangrène les rues du Cameroun notre pays (et surement qui gangrène aussi d’autres pays d’Afrique) ? C’est la question que nous nous posons chaque jour lorsque nous nous baladons dans les rues de notre pays. La responsabilité de cet état des choses nous incombe tous. De l’incivisme de simples citoyens qui n’hésitent pas à jeter leurs ordures n’importe où (vous verrez des gens manger dans leur voiture et balancer les ordures par la fenêtre et quand vous leur réprimander ils vous répondent si c’est la route de votre père ou vous voulez montrer à qui que vous êtes trop propre), à l’inefficacité des politiques publiques en matière d’hygiène et d’urbanisme, en passant par le manque d’investissement public et surtout privé dans le secteur de la collecte et traitement de déchets. Au Cameroun, chaque mairie ou commune est responsable de l’hygiène et salubrité publique, de la collecte et du traitement des déchets des ménages dans sa circonscription. Mais très souvent, au lieu d’investir individuellement dans la mise en place d’une infrastructure et d’une logistique lourde pour la collecte et le traitement des déchets, les mairies préfèrent sous-traiter cet aspect à une entreprise privée spécialiste du domaine. Et justement en matière d’investissement publique ou privée dans le secteur de la collecte et traitement des déchets, la principale initiative est l’entreprise HYSACAM, qui essaie tant bien que mal de satisfaire à ses engagement entre le non paiement ou le retard de paiement des factures par les mairies, la grève de ses employés, etc. Il est clair que depuis quelques temps, HYSACAM est loin d’accomplir sa mission dans les communes où elle détient le contrat de collecte et traitement des déchets. Du côté d’HYSACAM, les responsables pointent du doigt le fait que les communes ne respectent pas à temps le paiement de leurs diverses factures. Les mairies quant à elles pointent du doigt le fait que les subventions dont elles ont besoin pour payer leurs factures et qui est centralisé au FEICOM leur sont reversés très en retard. Pour résoudre ce problème, nous pensons que la mise en place d’un système décentralisé avec instauration d’une taxe générale ‘Hygiène et salubrité’ serait la solution. En effet cette nouvelle taxe serait directement payé par chaque citoyen et indexé soit aux factures d’électricité, soit intégré directement à un produit de grande consommation comme l’essence pour voiture. Le fruit de cette taxe serait par la suite placé dans un compte et directement reversé chaque mois aux différentes entreprises opérant dans la collecte et le traitement de déchets publiques dans nos différents communes. Ce compte serait géré directement (sans passer par un organisme centralisateur comme le FEICOM) par l’ensemble des communes et organisé en sous-compte dont les dotations mensuelles serait fonction de la taille de la commune. Ces sous-comptes ne seraient débitable qu’une fois par mois, par virement bancaire et uniquement sur présentation d’un document émanant de la mairie. Ce système permettrait en théorie à toutes les communes de bénéficier de fait et de droit (car même les habitants de sa circonscription ont contribué à la taxe) d’un service de collecte et de traitement d’ordure, ce qui n’est pas le cas actuellement dans toutes les mairies du Cameroun car HYSACAM n’est présent que dans les principales mairies; et les petites mairies n’ayant pas toujours suffisamment d’assise financière pour investir individuellement dans le secteur. Les communes deviendraient ainsi les contrôleurs de ce que leurs sous-traitants ont bien fait leur boulot chaque mois avant que les fonds soit reversés à leur sous-traitants.

FEICOM: Fonds d’équipements et d’interventions inter-communal est un organisme publique qui a la charge la centralisation et l’équi-répartition des recettes communales