Passez le temps à scruter ce que fait une autre compagnie pour lui faire concurrence ou compétition est la chose la plus insensé qu’une entreprise puisse faire. C’est une démarche non productive. On a tendance à encenser la concurrence sur un marché comme si situation des plus avantageuse notamment pour le client, car permettant à ce dernier d’avoir plus de possibilité de  choix et une baisse de prix des produits ou services. Le soucis est que l’observation quotidienne dévoile plutôt un scénario où  les entités en concurrence pour ne pas se faire devancer les unes des autres ont tendance à passer leur temps à copier et épier ce que fait l’autre. Ce schéma conduit les entreprise à se faire inutilement la guerre au lieu de se demander si la trajectoire qu’ils empruntent vers ce marché est la meilleure. Ce scénario conduit tôt au ou tard sur le marché à des situations d’équilibre. Et l’équilibre est très souvent source de stagnation, et la stagnation est la mort de l’innovation. A la place de scénario de concurrence tout azimut, il serait préférable d’adopter un schéma de monopole créatif.

Une marque forte, la facile capacité de mise à l’échelle, l’effet réseau et la technologie sont les caractéristiques les plus marquantes d’un monopole. Et comme l’explique Peter Thiel dans l’ouvrage ‘Zero to One: How to build the future’, le monopole créatif est une situation de monopole où votre présence sur un marché y apporte un véritable élément différenciateur, qui vous permettre de capter de la valeur. Sans cet élément différenciateur votre entrée ne contribuera qu’à renforcer la situation d’équilibre déjà présent et à diviser davantage les possibilités de marges pour tous les acteurs présents sur ce marché. Et qui dit moins de marge, dit faible capacité à investir en recherche et développement. Ceci est observable notamment sur le secteur du transport aérien où depuis des décennies les innovations sont rares et où les seules opportunité de marges véritable résident dans la croissance démographique. Les états eux même reconnaissent aux monopoles leurs capacités à encourager l’innovation grâce à l’instauration du système de brevet.  Même si le système de brève mérite d’être toiletté, il faut tout de même lui reconnaitre sa capacité à encourager l’innovation par les monopoles temporaire qu’il octroie. Tout ceci est bien résumé par cette analyse de Peter Thiel: “Dans les affaires, l’argent est soit une chose importante, soit tout. Les monopoleurs peuvent se permettre de penser à autre chose que gagner de l’argent; les non-monopoleurs ne peuvent pas. En concurrence parfaite, une entreprise est tellement concentrée sur les marges d’aujourd’hui qu’elle ne peut pas planifier son avenir à long terme. Une seule chose peut permettre à une entreprise de dépasser la lutte brute quotidienne pour survivre: les profits monopolistiques. Le monde dans lequel nous vivons est dynamique: il est possible d’inventer des choses nouvelles et meilleures. Les monopoles créatifs donnent aux clients plus de choix en ajoutant de nouvelles catégories d’abondance au monde. Les monopoles créatifs ne sont pas seulement bons pour le reste de la société; ils sont des moteurs puissants pour le rendre meilleur. Même le gouvernement le sait: c’est pourquoi l’un de ses départements travaille dur pour créer des monopoles (en accordant des brevets à de nouvelles inventions), même si une autre partie les chasse (en poursuivant des affaires antitrust). Le dynamisme des nouveaux monopoles explique pourquoi les anciens monopoles n’ étranglent pas l’innovation. Avec iOS d’Apple à l’avant-garde, l’essor de l’informatique mobile a considérablement réduit la domination de Microsoft sur plusieurs décennies du système d’exploitation. Avant cela, le monopole matériel d’IBM des années 60 et 70 était dépassé par le monopole des logiciels de Microsoft. AT & T avait le monopole du service téléphonique pendant la majeure partie du 20ème siècle, mais maintenant, n’importe qui peut obtenir un forfait de téléphonie mobile bon marché auprès de nombreux fournisseurs. Si les entreprises monopolistiques avaient tendance à freiner le progrès, elles seraient dangereuses et nous aurions raison de nous y opposer. Mais l’histoire du progrès est une histoire de meilleures entreprises monopolistiques remplaçant les entreprises en place. Les monopoles sont les moteurs du progrès, car la promesse d’années, voire de décennies, de profits de monopole constitue une puissante incitation à innover. Les monopoles peuvent alors continuer à innover car les bénéfices leur permettent de réaliser des projets à long terme et de financer les projets de recherche ambitieux auxquels les entreprises en concurrence ne peuvent pas rêver. […] Un équilibre parfait (comme sur un marché concurrentiel) peut décrire le vide qui constitue la majeure partie de l’univers. Il peut même caractériser de nombreuses entreprises. Mais chaque nouvelle création a lieu loin de l’équilibre. Dans la vraie théorie économique du monde extérieur, chaque entreprise réussit exactement dans la mesure où elle fait quelque chose que les autres ne peuvent pas faire. Le monopole n’est donc pas une pathologie ou une exception. Le monopole est la condition de toute entreprise prospère. Tolstoï début son ouvrage Anna Karenina en observant: “Toutes les familles heureuses se ressemblent; chaque famille malheureuse est malheureuse à sa manière. “Les affaires sont le contraire. Toutes les entreprises heureuses sont différentes: chacune gagne un monopole en résolvant un problème unique. Toutes les entreprises en faillite sont les mêmes: elles n’ont pas échappé à la concurrence.