La radio et télévision traditionnelle est morte, bienvenu dans l’ère de la télévision 2.0: ou comment internet (Facebook, Google, Netflix) va déstructurer la radio et la télé comme nous l’avons connu jusqu’aujourd’hui et tuer les acteurs de la télévision africain qui ne sauront pas s’adapter.

Il y a de cela un siècle, naissait la radiodiffusion avec la première émission régulière de radiodiffusion datant du 28 mars 1914 à partir d’une station installée dans les dépendances de la résidence royale du palais de Laeken en Belgique sous l’instigation du roi des Belges Albert Ier. A l’époque c’était une véritable révolution que de pouvoir diffuser des nouvelles en masses à un grand nombre d’auditeurs. La radio a rythmé tous les plus grand événement du 19e et du 20e siècle. Et aujourd’hui encore il reste le moyen de diffusion de masse le plus accessible. Quelques temps après la radio, au début des années 1920, naissait la télédiffusion. Là aussi ce fut une révolution et elle continue d’être très présente dans nos vies. Ces révolutions ont tour à tour été permis par les technologies de diffusion par ondes hertziennes terrestres, les ondes satellitaire ou les réseaux câblés.  Mais depuis une dizaine d’année une lente révolution est entrain de prendre corps partout dans le monde et en Afrique en particulier: celle d’internet et celle des smartphones.

Internet a permis la naissance de ce qu’on pourrait appelé aujourd’hui la télévision 2.0 avec la naissance de plateformes de diffusion de contenu multimédia comme YouTube, Vimeo, Facebook, Dailymotion, Netflix, Amazon prime, Canal play SFR play, Télérama, etc. Ces plateformes offrent un niveau d’interactivité avec l’utilisateur jamais égalé jusqu’ici. En effet avec les systèmes de diffusion audiovisuelle classiques, l’auditeur ou le téléspectateur subissait le contenu sans réel possibilité d’interagir avec celui-ci. L’événement du téléphone [fixe] a toutefois inciter les diffuseurs à permettre aux auditeurs de pouvoir appeler au cours d’une émission par exemple et pouvoir donner leur opinion sur un sujet traité par une émission.  Les plateformes de diffusion par internet offrent quand à elle la possibilité  de pouvoir écouter un contenu quand, où et autant de fois que l’on le souhaite; de pouvoir donner son avis, de partager le contenu avec son réseau, etc.

Les smartphones/tablettes quant à eux permettent aujourd’hui d’avoir à moindre frais un dispositif de consommation de contenu audiovisuel, que l’on peut en plus transporter partout avec nous facilement. Fini le temps où pour avoir accès a du contenu audiovisuel, il fallait se trouver à son domicile devant un gros écran. Aujourd’hui je peux consommer mon contenu depuis mon salon, ma, chambre, ma terrasse, un taxi, au bureau, etc.

Résultat des courses aujourd’hui de nombreuses études montre que la consommation de contenu audiovisuel/multimédia à travers les plateformes de streaming ou de VoD (Video on Demand) par internet est forte croissance. Et dans les années à venir, elle prendra le pas sur la consommation à travers les canaux de diffusion classiques. Nombreux sont nos collaborateurs qui ont admis aujourd’hui passer plus de temps à consommer des contenus multimédia sur YouTube et sur leur smartphone que devant devant un écran de télévision (encore qu’aujourd’hui les écran de télévision sont devenus des ordinateurs à part entière capable de se connecter à internet et doté de système d’exploitation avancé comme Android TV, Apple TV, etc). Et tout y passe: de la musique, aux films, en passant par des émissions sur la nature, des documentaires d’investigations, des vidéos professionnelles, etc. Et avec la généralisation des connexions haut débit et la baisse des coûts d’accès ces dernières années, la tendance ne peut aller que crescendo. A titre illustratif, MTN Cameroun fait déjà 5Go de volume internet en 3/4G à seulement 500 Fcfa, c’est pas génial ça ? C’est une grosse aubaine pour les consommateurs de vidéo.
Jusqu’à un passé très récent, lorsqu’un entrepreneur avait pour ambition de lancer une nouvelle chaine de radio ou de télévision il était très vite freiner par les énormes moyens en termes d’infrastructures que cela nécessitait. Ajouté à cela les nombreuses autorisations de diffusion, d’octroi de fréquence de diffusion qu’il fallait avoir. Aujourd’hui pour lancer une radio ou une télé côté infrastructure nous avons juste besoin d’un bon smartphone, d’une connexion internet. Eh oui vous avez bien lu, l’enjeu aujourd’hui n’est plus dans l’infrastructure (car avec internet les investissements en terme d’infrastructure sont réduits à leur plus simple expression) mais plutôt dans le contenu; un contenu de qualité et diversifié. Ce qui fera la différence dans les années à venir ne sera pas l’infrastructure mais le niveau de créativité pour produire du contenu de qualité. Sans compter que pour diffuser sur internet vous n’avez quasiment pas besoin d’autorisation  (du moins pour le moment).

Le direct était le seul avantage comparatif qui restait au petit écran. Mais avec ces nouvelles applications de vidéo live, la télé a du souci à se faire pour garder les “millenials” (ces jeunes qui sont nés dans les années 2000). Ce qui est encore plus problématique pour la TV classique c’est que les plateformes géantes comme YouTube ou Facebook (Facebook Live) offrent depuis peu des fonctionnalité de diffusion de vidéo en direct. Ils reprennent en fait des idées issues de services comme Periscope (racheté par Twitter) ou Meerkat. Ce qui donne encore plus d’option dans la façon avec laquelle les éventuelles producteur de contenus peuvent atteindre leur public à travers internet. D’autres modèles de diffusion de contenu audiovisuel existe à travers internet comme ceux introduit par Twitter avec son service Vine pour la vidéo en boucle au format court (moins d’une minute en général) ou encore par Instagram (appartenant à Facebook).

Quelles Stratégies et modèles économiques pour l’avenir ?

La stratégie classique des télévisions et radio dans le monde et en Afrique avait un fort aspect lié à l’infrastructure. Il fallait pouvoir diffuser à travers les ondes hertziennes terrestres, les ondes satellitaire ou encore les réseaux câblés. La plupart des chaines de télévision en sont arrivées à être détentrice et entretenir (ce qui demande beaucoup de moyens) une grosse infrastructure Télécom de diffusion; à tel point qu’on pourrait presque croire qu’elles sont des entreprises de télécoms. Aujourd’hui il faut absolument intégrer la composante diffusion sur internet (et lui donner une importance croissante dans les années à venir). Cela peut se faire soit en s’appuyant des plateformes spécialisées comme YouTube ou DailyMotion; soit à travers des plateformes maison comme le font des acteurs comme Canal+, France Télévision ou même la CRTV [qui a récemment émis un appel d’offre pour le confection pour ses besoins d’une plateforme de streaming sur internet].

Le second point et le plus important consiste à faire muter progressivement les chaines de télévision en usine de production de contenu. Celles qui ne s’inscriront pas dans ce modèle seront simplement amenées à disparaitre. Ceci est d’autant plus vrai qu’avec les avancées technologiques de ces 20 dernières années dans les technologies d’acquisition du son et de l’image, la production de contenu a été démocratisé, ubérisé M. tout le monde peut désormais à moindre frais produire du contenu. Ce qui a vu l’émergence de nombreux producteurs de contenu alternatif sortant du circuit traditionnel. On peut très bien envisager un scénario où les grands acteurs détenteurs des plateformes diffusion multimédia comme Facebook ou Google, fort de leur audience, de leur expertise technique dans la mise œuvre de ce type de plateforme et fort de leur capacité financière se mettent en partenariat avec ces producteurs de contenu alternatifs pour damer le pion progressivement aux chaines traditionnelles de radio et télé. C’est ce qui est déjà entrain de se produire avec Facebook qui a récemment signé un partenariat avec des studio de production d’émission pour pouvoir diffuser ses propres programmes TV (http://www.phonandroid.com/facebook-bientot-envahir-tv-propres-programmes.html). Et comme si ça ne suffisait pas, Facebook a récemment lancé un service appelé Facebook Watch disponible uniquement aux États-Unis pour l’instant, et qui propose des contenus originaux, en direct ou en différé. Le réseau social a financé lui-même certaines émissions pour aider à lancer la plateforme et illustrer ses fonctionnalités notamment en matière d’interactivité avec les spectateurs.

Les modèles qui ont fait recette (publicité et accès au contenu par abonnement payant) avec les systèmes classiques de production et de diffusion de contenu sont quasiment les mêmes à employer dans un modèle centré sur internet. Mais cette fois les échelles sont beaucoup plus énormes. Imaginer Facebook ou Google et leurs milliards d’utilisateurs. Aucune chaine de télévision classique dans le monde ne peut se targuer d’avoir une audience d’1 milliards d’individu.

En conclusion…

Jeune étudiant d’Afrique en école de journalisme, animateur, technicien de son, réalisateur, comédien, illustrateur/dessinateur, etc n’hésitez plus, mettez vous ensemble et lancez vous. Proposez nous du contenu alternatif, qui met en avant notre créativité, qui promeut notre continent et son génie. Vous avez tout juste besoin de produire du contenu diversifié et de qualité. Les plateformes pour les diffuser à frais quasiment nuls existe à foison. C’est ce qu’essaient de faire des initiatives de production de contenu comme Kamoise TV, Wouri TV, marodi TV, etc. Malheureusement, elles sont encore très souvent cantonnées au secteur de la comédie et du court-métrage. Mais il y a de la place (énormément d’ailleurs) pour des contenus en lien avec les sciences et techniques, la nature, l’histoire, l’économie, le sport, la musique, les dessins animés (comme commence à le faire AfrikaToon sur YouTube), la culture, journalisme d’investigation, la politique, talkshow et téléréalité, etc. A défaut d’être producteur de contenu, les initiatives dans la promotion de contenu à travers des services de guide de programme TV seraient également bienvenu. Bref, il y a de quoi révolutionner le secteur.

Voilà, nous espérons que nous avons pu vous donner des conseils utiles pour vous aider à faire avancer vos ambitions plus rapidement. Si cet(te) analyse/article vous a plu et que vous estimez qu’il pourrait bénéficier à d’autres personnes dans leur travail au quotidien, veuillez le partager au maximum car l’amélioration des performances de nos entreprises est vitale pour nous tous et pour la survie de nos économies africaines. Par ailleurs, si nos analyses et conseils vous paraissent pertinent et que vous avez besoin d’analyses et conseils personnalisés, n’hésitez pas à nous contacter ici. Nous serons ravis de vous écouter et de vous assister dans la démarche d’optimisation des processus de votre entreprise.

 

Références: