Bonjour à tous. Nous vous avons habitué à faire des analyses sur divers segments d’activité de la vie socioéconomique Africaine et pour divers profils de PME. Mais aujourd’hui nous allons faire l’analyse d’une PME particulière: il s’agit de l’état du CAMEROUN que nous nous plaisons à appeler à Fatre Consulting “la PME des PME camerounaise”. Nous allons faire une analyse sur la source profonde du problème dit “anglophone” au Cameroun. Contrairement à ce que nous avons lu ça et là désignant la manque de décentralisation comme étant la principal cause du problème anglophone; nous, à Fatre Consulting, croyons que la principale cause est ailleurs: dans le système éducatif camerounais.

Le postulat de base est simple: les défaillances du système éducatif camerounais est la principale source du problème anglophone, et non la décentralisation. Vous pourrez décentraliser ce pays comme vous voulez mais si la notion d’unité nationale, d’appartenance à une unité de destin n’est pas traduit dans le système éducatif national (qui est le socle de formation du citoyen) alors, l’état du Cameroun court dans le sac ( c’est à dire c’est peine perdue) comme on dit au Cameroun. Par ailleurs, nous avons vu au cours de cette crise dite ‘anglophone’, le dévoilement de discours aux tendances xénophobes et tribaliste. Et ces discours étaient assez triste et inquiétant à entendre. Face à cela, à Fatre consulting, nous ne croyons pas qu’il y ait de problème anglophone mais plutôt un problème d’éducation des masses, des ressources humaines de l’État Cameroun.

A Fatre Consulting, nous sommes clairement partisan d’un Cameroun un et indivisible (nous avons déjà été trop divisé en Afrique et il faudrait que cela cesse) et quel que soit la situation, que force doit revenir à la loi, à l’État. Mais il faut qu’on se le dise en toute honnêteté: L’état du Cameroun depuis les années 60, fait une erreur stratégique de ne pas penser un système éducatif répondant aux mieux à ses spécificités (grosse diversité ethnique, multiple héritage colonial, etc) et aux enjeux de notre temps. Et nous pensons à Fatre Consulting que si cette erreur n’est pas corriger alors ce ne sont pas la décentralisation ou encore moins le fédéralisme qui empêcheront que ne surviennent un problème similaire dans le futur. Nous avons voulu vous présenter cette analyse depuis longtemps, mais en pleine crise, nous avons jugé cela inopportun. Nous avons préféré choisir le moment où la situation serait un peu plus calme (comme c’est le cas depuis quelques temps avec notamment le retour d’internet dans les régions du nord-ouest et sud-ouest) pour présenter une analyse à tête froide.

Vous êtes sans doute étonné que nous considérions l’État comme une entreprise. Mais il ne faut pas l’être car à Fatre Consulting nous considérons les États comme des entreprise à part entière. Même s’il est vrai qu’ils ont des modes de fonctionnement un peu différent de ceux des entreprises classiques, les principes généraux qui s’appliquent pour les entreprises classiques sont tout aussi valable pour un État: gestion des ressources humaines, création de la valeur, gestion financière, satisfaction des clients/usagers, etc. Admettons que nous considérions l’état du Cameroun comme une entreprise, mais pourquoi la considérer comme une PME quand on sait qu’elle a des ressources financière colossale (3800 milliards de CFA selon le dernier exercice budgétaire) et qu’elle a quand même près de 25 millions d’employés ? Eh bien ce n’est qu’une question d’échelle. Même si l’état du Cameroun peut être considérer comme une grande entreprise dans le contexte camerounais, il est clair qu’à côté du Nigeria et ses 200 millions d’habitants ou de la chine et ses 1 milliards 300 millions d’habitants, le Cameroun est un véritable bébé. Les problématiques de développement en chine ou Nigeria sont de très loin plus colossaux que ce que le Cameroun doit gérer. Donc nous préférons la modestie de considérer le Cameroun comme un PME.
Le Cameroun, comme toute autre entreprise, a plusieurs aspects de son entreprise à gérer dont l’un des plus important est sa ressource humaine (ses près 25 millions d’habitant). Comme on le dit en management: avec les clients, le principal actif d’une entreprise ce sont ses hommes et femmes, ses ressources humaines avant même le capital financier car ce sont les hommes qui en dernier recourt crée la valeur, la richesse. Vous pouvez avoir toute la puissance financière du monde mais si vous avez des ressources humaines médiocres alors à coup sûr votre entreprise va entrer en décadence. Ceci dit, la gestion des ressources humaines couvre plusieurs aspects (recrutement, motivation, paie,etc) donc le plus important est la formation. Si vous [l’État du Cameroun] ne formez pas correctement vos ressources humaines [les 25 millions de Camerounais ] dans les enjeux de votre entreprise [de l’état], sur ce qu’il faut faire pour atteindre les objectifs et comment le faire, alors votre entreprise [Le Cameroun] connaitra toujours des crises.
Nous n’allons pas revenir sur l’histoire du Cameroun mais nous allons simplement poser une question: C’est quoi être anglophone ?? Savoir s’exprimer en anglais ?? ou alors c’est être né dans les régions qui ont été historiquement sous tutelle britannique après la première guerre mondiale?? Nous rappelons que dans la plupart des écoles dites “anglophones”, bien souvent la plupart des enfants sont issue de familles de culture dite “francophone” c’est-à-dire venant de la partie dite “francophone” du pays. Aussi nous avons remarquez qu’une bonne partie des étudiants qui réussissent dans les grandes écoles situées dans les zones dites anglophones (où les concours d’entrée se font pourtant en anglais), étaient passées par le système éducatif francophone (nous vous expliquerons plus bas ce qui favorise cela). Nous avons constaté que les raisons les plus souvent avancées pour cette crise anglophone serait la prétendue marginalisation de l’anglais (documents officiels pas toujours traduits en anglais, etc), la marginalisation des anglophones dans l’organisation sociopolitique du Cameroun. Nous avons envie de poser une autre question: les régions dites “anglophones” sont elles plus marginalisées que la région de l’Est qui fournit une grande partie de la richesse du Cameroun et qui paradoxalement est l’un des moins loties en terme d’infrastructure routière, de taux d’alphabétisation ou de couverture sanitaire ? Nous allons donc démontrer que cette supposée marginalisation que les uns ou autre semble percevoir est la résultante d’un système éducatif à deux vitesse; un système éducatif qui ne met pas suffisamment l’accent sur l’unité des destins entre camerounais et qui par ailleurs est truffée d’incohérences qui sèment les germes de la non tolérance, de la frustration et de la division.
La première erreur que nous allons soulever est la suivante: nos premiers homme d’état ont cru naïvement que créer deux sous systèmes éducatifs distincts (anglophone et francophone) était la solution pour ne pas créer de frustrations lors de la réunification et l’unification du Cameroun.

Si cette voie semblait être la meilleure à cette époque ( et son contexte) sur le court terme, il est clair qu’une vision à moyen et long terme aurait consister à fusionner les deux sous-systèmes pour en avoir qu’un seul répondant aux spécificités du Cameroun. Plusieurs raisons militent en la faveur d’un seul système éducatif au Cameroun. Premièrement, entretenir deux sous-systèmes éducatifs coûte inutilement cher à l’état et donc au contribuable. Deuxièmement, cela contribuerait à casser le fameux clivage anglophone/francophone. Nous pensons à Fatre consulting que le futur système éducatif camerounais devrait être un système où l’on enseigne les enfants invariablement et dans les proportions identiques, en Anglais et en Français; en attendant le jour où enfin on enseignera exclusivement dans nos  langues locales Camerounaises (ce qui serait pour nous l’idéal). Troisièmement, cela permettrait d’uniformiser le corpus de connaissance qui est dispensé aux jeunes Camerounais de sorte que l’on ait moins de disparités comme celles que l’on a aujourd’hui selon que l’on est “anglophone” ou “francophone”.

Le second soucis est l’enseignement de secondes langues étrangère (espagnol, latin, allemand) dans les collèges et lycées Camerounais en lieu et place des langues locales.

L’État du Cameroun a laissé passé là, ce qui aurait été un formidable outil d’intégration nationale et d’union entre les divers peuples du Cameroun: l’apprentissage systématique de nos langues locales à l’école. Apprendre à connaitre l’autre à travers sa langue maternelle est un puissant outil d’intégration et de tolérance. Dans notre vision, l’apprentissage de secondes langues étrangères non officielles devrait être réservé à l’université dans les département d’étude linguistique ou à des centres spécialisés publics ou privés dédiés à l’apprentissage des langues. Depuis 50 ans que le Cameroun enseigne l’allemand, l’espagnol ou le latin à ses enfants, combien vont dans ces pays ?? Combien côtoie des allemands, espagnol au quotidien ?? Le jeune Camerounais a plus de chance dans sa vie d’avoir un voisin, un collaborateur ewondo, foulbé, toupouri, douala, bassa, baham, etc. Pourquoi ne donc pas privilegier l’apprentissage de ces langues de façon systématique (du primaire en terminal) en lieux place de ces langues étrangères ???

Le troisième problème est le déséquilibre dans l’accès à la connaissance entre les sous-systèmes “anglophones” et “francophones”.

Au Cameroun, selon le sous système choisi,vous aurez d’un côté un bachelier dit anglophone scientifique ayant composé en maxi 4 matières et de l’autre côté son homologue avec un Bac C ayant composé en 10 matières. Vous avez des situations où d’un côté un bachelier scientifique anglophone n’a jamais fait philosophie (qui est quand même la mère des savoirs et qui permet développer l’esprit critique), a fait très peu d’histoire ou de géographie (car l’ayant arrêter de puis la classe de 4eme); ce qui est différent d’un bachelier francophone série C qui lui aura fait toute ses matières et ce jusqu’en classe de terminal. Ceci explique pourquoi lors d’un concours d’entrée dans une grande école où les épreuves couvrent plusieurs champs de compétences les anglophones aient généralement plus de mal car ils ont subit l’ultra-spécialisation très tôt.

Ce que nous disons pour le système éducatif est vrai pour le système judiciaire; même s’il est vrai que de ce côté l’uniformisation des sous-systèmes juridiques est à un stade beaucoup plus avancé et presque achevé. La préoccupation des juristes Camerounais ne devrait plus être de savoir si notre système judiciaire intègre suffisamment de spécificités du sous système juridique anglophone ou francophone au point de paralyser le système judiciaire. Au lieu de paralyser le système judiciaire parce qu’un texte de loi n’a pas sa traduction en français ou en anglais, nos juristes devraient surtout se poser la question de savoir si nos grand mères et grand pères, tous ces camerounais qui n’ont pas une grande maitrise de l’anglais ou du français comprennent ces textes de loi dans leur langue maternel: en foufoulde, en ewondo, en ghomala,etc. La préoccupation aujourd’hui devrait être de savoir si les textes de loi camerounais prennent suffisamment en compte les spécificités du contexte socio-culturel camerounais et non se battre bec et ongle pour préserver des héritages coloniaux qui ont été à la base pensés pour résoudre les problèmes juridiques des Français et Britanniques et selon la vision du monde de ses deux peuples.
A Fatre consulting, nous ne sommes pas partisan de la critique stérile qui n’apporte pas des pistes de solutions. C’est pour cela que nous nous sommes donner pour mission de contribuer à l’éducation des masses africaines; en contribuant à améliorer modestement à notre niveau leur connaissance en matière de business et management des entreprises car nous sommes convaincu que seule la création de richesse et des entreprises performante nous permettra de nous faire une place respectable dans le concert des nations.

Si cette analyse vous a plu et que vous estimez qu’il pourrait bénéficier à d’autres personnes dans leur travail au quotidien, veuillez le partager au maximum car l’amélioration des performances de nos entreprises est vitale pour nous tous et pour la survie de nos économies africaines. Par ailleurs, si nos analyses et conseils vous paraissent pertinent et que vous avez besoin d’analyses et conseils personnalisés, n’hésitez pas à nous contacter ici. Nous serons ravis de vous écouter et de vous assister dans la démarche d’optimisation des processus de votre entreprise.